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Généralités sur le saturnisme

Le plomb n'a aucun rôle physiologique connu chez l'Homme : sa présence dans l'organisme témoigne toujours d'une contamination. Le plomb est toxique, même à faible concentration.

Il a des effets nocifs particulièrement chez l'enfant, ainsi que chez la femme enceinte et son bébé contaminé par voie sanguine.

Outre la voie sanguine, il peut être incorporé par voie digestive ou respiratoire. Il se distribue ensuite dans le sang, les tissus mous, et surtout dans le squelette (à 94%) où il s’accumule progressivement et reste stocké très longtemps.

Les effets du plomb sont particulièrement graves chez les enfants (effets neurologiques, retard de développement, perte de points de quotient intellectuel).

Depuis juin 2015, une imprégnation chez les enfants correspondant à 50 μg de plomb par litre de sang entraîne une déclaration obligatoire du cas, ainsi que des mesures d’intervention d’urgence visant à supprimer l’exposition au plomb.

Ils peuvent être particulièrement graves notamment chez le jeune enfant. Ces effets toxiques sont très divers

La plombémie ou concentration en plomb dans le sang est l’indicateur de référence pour dépister une contamination.

Si vous présentez des facteurs de risque d'exposition au plomb, n'hésitez pas à en parler à votre médecin traitant. Un dépistage par dosage de la plombémie est possible. Il est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie pour les enfants et les femmes enceintes.

Une fois dans l’organisme, le plomb se stocke, notamment dans les os, d’où il peut être libéré dans le sang, des années ou même des dizaines d’années plus tard notamment lors d’une grossesse ou en cas d’ostéoporose. L’élimination du plomb dans l’organisme est lente après l’arrêt de l’exposition : sa demi-vie est de 15 à 20 ans.

Chez l’enfant, on estime qu’une plombémie de 100 μg/L est associée à une baisse de quotient intellectuel (QI) de 1 à 5 points. Depuis 1970, le seuil d’intervention chez l’enfant a été régulièrement révisé à la baisse en fonction de l’évolution des connaissances sur les effets toxiques du plomb. Depuis le 17 juin 2015, le seuil d’intervention chez l’enfant est fixé à 50 μg/L.

Le saturnisme chez les enfants mineurs est une maladie à déclaration obligatoire justifiant une intervention urgente

Dans tous les cas où la plombémie de l’enfant est supérieure ou égale à 50 μg/L, le médecin prescripteur devra adresser dans les meilleurs délais, et après avoir prévenu l’autorité parentale, une copie de la fiche complétée par le laboratoire au médecin de santé publique de l’ARS (Autorité régionale de santé), ou le cas échéant au médecin désigné par le préfet (pour la première plombémie qui atteint 50 μg/L).

L'habitat est un facteur majeur de risque de saturnisme mais il existe également d'autres sources d'intoxication.

Par la consommation de peintures au plomb largement utilisées jusqu’à la moitié du 20 -ème siècle (absorption d’écailles ou de poussières de peintures en mauvais état)

En marchant à quatre pattes sur des sols contaminés et en portant les mains à la bouche

Par l’exercice d’une activité professionnelle à risque (métallurgie du plomb, fabrication de fil de soudure, production de verre, fabrication de pigments de peinture, joaillerie, etc.) 

En respirant les poussières ou vapeurs lors des opérations de bricolage (ponçage des surfaces et émission de poussières, utilisation d’un décapeur thermique pour enlever les peintures et émission de vapeurs de plomb) 

Par l’air (air pollué à proximité d’usines produisant ou utilisant du plomb, d’incinérateurs de déchets …)

Par l’eau (plomb libéré par les canalisations au plomb)

Par l’alimentation (utilisation de céramiques artisanales, consommation d’abats (foie, rognons) d’animaux élevés en zone polluée, consommation de poissons vivant dans des rivières polluées par le plomb, consommation de légumes ayant poussé en zone contaminée par le plomb …)

Par le tabagisme actif et passif (plomb contenu dans la fumée liée à la combustion de tabac : cigarettes, cigares, pipe

En respirant les poussières ou vapeurs lors d’activités de loisirs des parents (fabrication de balles pour les armes à feu, coulage de soldats de plomb …)

Utilisation de remèdes à base d’argile contenant du plomb ou de cosmétiques traditionnels (khôl par exemple)

En cas de découverte d’un cas de saturnisme chez une personne mineure (plombémie atteignant 50 μg/L), une procédure d’urgence est déclenchée.

Une enquête environnementale est menée par l’Agence régionale de santé ou le Service communal d’hygiène et de santé pour identifier les sources d’intoxication. Dans ce cadre un diagnostic portant sur les revêtements des immeubles fréquentés par la personne mineure (diagnostic du risque d’intoxication par le plomb des peintures ou DRIPP) peut être effectué.

S’il s’avère que des revêtements dégradés contenant du plomb sont à l’origine de l’intoxication, le préfet demande au propriétaire de réaliser les travaux nécessaires pour supprimer le risque d’exposition au plomb (par exemple en recouvrant les peintures dégradées) dans un délai de 1 mois (si le préfet demande que les occupants soient hébergés pendant les travaux, ce délai passe à 3 mois). Le propriétaire a 10 jours pour faire connaitre au préfet sa décision concernant la réalisation des travaux. A défaut, le préfet fait réaliser d’office les travaux aux frais du propriétaire.

Cette procédure peut être engagée même en l’absence de cas de saturnisme, si le DRIPP ou le constat de risque d’exposition au plomb met en évidence un risque d’exposition au plomb pour une personne mineure.

 

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