Chasse : les munitions au plomb menacent l’environnement et la santé

L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA, European chimicals agency) a rendu publique, le 12 septembre 2018, une expertise sur la contamination des écosystèmes par le plomb des munitions utilisées par les chasseurs et par les tireurs. Son principal constat est que les munitions de plomb provoquent une contamination à vaste échelle des écosystèmes et entraînent  des risques pour l’environnement et pour la santé humaine.

Cette pollution est de taille : chaque année, 30 000 à 40 000 tonnes de plomb sont utilisées en Europe dans divers types de munitions. 21 000 tonnes sont utilisées par les chasseurs, dont un maximum de 7 000 tonnes dans les zones humides (donc avec des effets d’intoxication de l’eau) et de 14 000 tonnes sur la terre ferme. Les tireurs sportifs, eux, en utilisent 10 000 à 20 000 tonnes par an.

L’environnement est touché. Les premiers effets concernent la faune sauvage. Entre un et deux millions d’oiseaux meurent chaque année d’intoxication au plomb soit en ingérant des grenailles de plomb soit, comme le font les rapaces, en mangeant des animaux déjà intoxiqués.

La santé humaine est mise en péril. Le plomb est un des neurotoxiques les plus puissants dont les effets ne connaissent pas de seuil (voir ici la page de ce site consacrée à la toxicité du plomb sur l’organisme). Pour l’ECHA, « le plomb est un poison non spécifique qui affecte la plupart des fonctions de l’organisme, avec des effets négatifs sur l’état de santé général, la reproduction ou encore le comportement, pouvant conduire à la mort. Le plomb affecte tous les animaux sur lesquels il a été étudié, des oiseaux migrateurs aux humains. Il diffère de bien des contaminants en ce sens qu’il n’existe aucun seuil de toxicité pour de nombreux effets, en particulier sur le développement du cerveau ou sur le rein ». La ressource en eau est évidemment concernée par l’accumulation de plomb dans l’environnement. La consommation de gibier abattu peut également poser des problèmes, même si l’on retire la grenaille du corps de l’animal. En effet, écrit l’ECHA, « de récentes recherches suggèrent que des fragments de plomb se dispersent largement dans les tissus, sous forme de particules microscopiques, potentiellement de taille nanométriqueEnlever la chair autour de la blessure ne suffit pas à ôter tout le plomb qui pourrait être absorbé par le consommateur ».

Pourtant, des alternatives existent : les munitions en acier. L’ECHA précise que le surcoût serait faible, mais note que les réglementations dans les différents pays européens font défaut.

La France est particulièrement concernée : environ un quart des quelque 5,2 millions de chasseurs européens sont français.

Le rapport de l’ECHA (en anglais), peut se consulter ici.